Audit de l'Inventaire
Dresser la liste exhaustive de tous les ingrédients chimiques importés. Cela inclut les conservateurs, les solvants, les colorants et même les impuretés connues.
- • Numéros CAS et EC
- • Nom IUPAC
- • Pureté de la substance
Navigation stratégique à travers les exigences chimiques de l'Union européenne en 2026.
En cette année 2026, l'industrie cosmétique fait face à une rigueur réglementaire sans précédent. Depuis le lancement du projet d’application renforcée de REACH (2023-2025) sous l’égide de l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques), les contrôles douaniers ne sont plus de simples formalités administratives. La France et l'Italie, précurseurs dans cette approche dès février 2023, ont désormais été rejointes par l'ensemble des États membres dans une stratégie de « tolérance zéro » pour les produits importés non conformes.
Aujourd'hui, il n'est plus rare de voir des cargaisons entières de produits finis bloquées aux frontières de l'Union européenne. La raison ? L'absence de preuve d'enregistrement des substances ou le dépassement des seuils de restrictions prévus à l'Annexe XVII. Pour un professionnel du secteur, ignorer l'interaction entre le Règlement Cosmétique 1223/2009 et le Règlement REACH 1907/2006 constitue un risque opérationnel majeur.
REACH n'est pas qu'une réglementation "chimique" pour l'industrie lourde ; c'est le socle sur lequel repose la sécurité environnementale et sanitaire de chaque ingrédient présent dans votre crème, votre sérum ou votre parfum. Dans cette analyse, nous décryptons les mécanismes de conformité indispensables pour naviguer sur le marché unique.
Il se concentre sur le produit fini. Son objectif principal est la sécurité de l'utilisateur final via une évaluation toxicologique rigoureuse, un étiquetage précis et la désignation d'une Personne Responsable.
Il régit les substances chimiques elles-mêmes, de leur fabrication à leur fin de vie. REACH s'intéresse à l'impact environnemental et à la sécurité des travailleurs, complétant ainsi le règlement cosmétique.
"La conformité à l'un ne dispense jamais de la conformité à l'autre. C'est le principe de la 'sécurité cumulée' européenne."
« Pas de données, pas de marché »
Toute substance importée à plus de 1t/an doit être enregistrée auprès de l'ECHA.
Contrôle technique
L'ECHA examine la qualité des dossiers et les propositions d'essais pour limiter les tests inutiles.
Substances SVHC
Certaines substances extrêmement préoccupantes nécessitent un sésame spécifique pour être maintenues.
Le "garde-fou"
L'Annexe XVII limite ou interdit l'usage de substances dangereuses dans les produits de consommation.
Fiches FDS
La circulation des informations sur les dangers tout au long de la chaîne est impérative.
L'Annexe XVII du règlement REACH est le document le plus critique pour les formulateurs cosmétiques. Elle contient la liste des substances dont la fabrication, la mise sur le marché ou l'utilisation sont restreintes.
Exemple frappant : Les siloxanes cycliques D4, D5 et D6. Depuis les restrictions progressives, le D4 et le D5 sont limités à moins de 0,1 % dans les produits cosmétiques rincés. En 2026, ces restrictions s'étendent désormais aux produits non rincés, forçant une reformulation massive de nombreux soins capillaires et de maquillage.
L'Annexe XIV, quant à elle, liste les substances soumises à autorisation. Une fois qu'une substance y figure, son utilisation dans un cosmétique devient quasi impossible, car les conditions d'octroi de l'autorisation sont drastiques et coûtent souvent des centaines de milliers d'euros en études d'impact socio-économique.
Consulter le site officiel REACH (Ministère) →
Cet outil permet d'évaluer rapidement si vos volumes d'importation nécessitent une action auprès de l'ECHA.
L'une des plus grandes méprises dans l'industrie cosmétique est de penser que l'enregistrement REACH ne concerne que les fabricants de matières premières. En réalité, tout importateur de mélanges (produits cosmétiques finis) est considéré comme fabricant de substances pour les volumes qu'il fait entrer sur le territoire européen.
Si votre marque importe des produits fabriqués aux USA, en Corée ou au Japon, vous devez calculer le poids cumulé de chaque ingrédient. Si la "Glycérine" contenue dans vos 10 références produits dépasse 1 tonne par an, vous avez une obligation d'enregistrement.
Pour les entreprises situées hors UE, la loi ne permet pas de réaliser soi-même l'enregistrement. Vous devez désigner un Représentant Exclusif (OR). Ce dernier, entité juridique basée dans l'UE, assume les responsabilités de l'importateur et gère les relations avec l'ECHA. C'est une solution stratégique pour protéger vos formules confidentielles tout en garantissant l'accès au marché européen.
Basée à Helsinki, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) est l’organe central de mise en œuvre de la législation REACH. Son rôle ne se limite pas à la réception des dossiers ; elle coordonne l'évaluation des substances suspectées d'être dangereuses et gère la "Liste Candidate" des substances extrêmement préoccupantes (SVHC).
Pour 2026, l'ECHA a automatisé ses processus de détection d'incohérences entre les déclarations REACH et les notifications CPNP (Cosmetic Products Notification Portal). Cette interopérabilité des bases de données rend la fraude ou l'omission technique quasiment impossible à dissimuler sur le long terme.
Dresser la liste exhaustive de tous les ingrédients chimiques importés. Cela inclut les conservateurs, les solvants, les colorants et même les impuretés connues.
Calculer le volume annuel importé par entité juridique. Attention : si vous possédez plusieurs filiales importatrices, les calculs peuvent être complexes.
Exiger des attestations de conformité REACH récentes. Ne vous contentez pas d'une vieille FDS ; demandez la preuve de pré-enregistrement ou d'enregistrement.
Les sanctions en cas de non-conformité REACH ne sont pas seulement pécuniaires. Elles incluent :
En 2026, la transparence est la seule stratégie viable. Les marques qui anticipent REACH transforment une contrainte légale en un avantage concurrentiel basé sur la confiance.
Le cadre REACH s'étend avec des nuances hors de l'UE. La Suisse, bien que ne faisant pas partie de l'UE, applique des normes très proches via l'ORRChim (Ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques). Pour plus de détails, consultez notre guide sur l'Accès au Marché Suisse.
Depuis le Brexit, le Royaume-Uni a mis en place son propre système : UK-REACH. Si vous vendez à Londres et à Paris, vous devez gérer deux dossiers distincts, avec des délais et des frais d'enregistrement spécifiques pour le territoire britannique.
Conseil Expert Marcus Thorne :
"Mutualisez vos données techniques. Les dossiers ECHA peuvent souvent servir de base pour UK-REACH et la conformité suisse, à condition d'adapter la forme juridique."
Non. Selon l'article 2.6(b) de REACH, les produits cosmétiques finis destinés à l'utilisateur final sont exemptés de l'obligation de fournir une Fiche de Données de Sécurité (FDS) au consommateur. Cependant, la FDS reste obligatoire pour les travailleurs qui manipulent ces produits en milieu industriel ou professionnel (ex: coiffeurs, esthéticiennes utilisant des produits en vrac).
Une Substance of Very High Concern (SVHC) est une substance présentant des propriétés graves (cancérogène, mutagène, toxique pour la reproduction, persistante ou bioaccumulable). Si un article (emballage cosmétique par exemple) contient plus de 0,1 % d'une substance SVHC de la liste candidate, une notification SCIP est requise.
C'est un point de tension juridique majeur. Si le règlement cosmétique interdit les tests sur les animaux, REACH peut les exiger pour évaluer la sécurité des travailleurs ou l'impact environnemental d'un ingrédient, si aucune méthode alternative n'existe. Marcus Thorne recommande une analyse au cas par cas pour éviter tout conflit de conformité.
Ne laissez pas une substance mal identifiée bloquer votre croissance européenne. Contactez nos experts pour une revue complète de votre portefeuille.